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Un coup de gueule.
J'ai découvert il y a peu un
auteur argentin singulier : Antonio Porchia. Il n'a
écrit qu'un ouvrage "Voces" dont plusieurs
traductions françaises sont parues. L'éditeur, dans la suite de
l'édition de 1949 de la GLM et sous le poids du
verbeux Roger Caillois qui signe la préface nous
offre un ouvrage tronqué. Imaginez un loustic qui vous dit :
- je ne saisis pas vraiment ce qu'a vécu l'auteur, -
je me suis permis de supprimer certains passages du
texte. Supprimeriez-vous d'une partition les notes qui heurtent votre oreille ? D'une démonstration mathématique les équations que vous ne comprenez pas ? Je vous livre ci-après un extrait de la préface de Roger Caillois : (...)
Telles sont les
préoccupations qui m'ont conseillé de faire un
sort à ce petit ouvrage ignoré. Je reconnais
volontiers que je ne suis nullement qualifié pour le
juger sur les mérites mêmes par lesquels
îl m'a séduit. C'est pourquoi je regagne la
simple littérature et m'acquitte d'un dernier devoir
en rapportant brièvement les motifs du choix que j'ai
fait parmi les pensées que contiennent les quelque
cent quarante pages du recueil à raison de cinq
chacune en moyenne. Je n'ai suivi aucune règle fixe :
j'ai retenu les maximes qui me paraissaient contenir un
enseignement assimilable, dont je pressentais
confusément le sens, en un mot celles à quoi
je découvrais en moi quelque chose à faire
correspondre et qui fût propre à les
éclairer. J'ai osé écarter celles qui
ne me semblaient pas particulières au style de
l'auteur ou dont me gênaient suivant les cas la
banalité et l'originalité, la transparence et
le mystère. (...) Luc-André Rey
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