Un dégât des eaux en appartement, surtout en copropriété, met en jeu plusieurs assurances à la fois : la vôtre, celle du voisin d’où vient la fuite, parfois celle de l’immeuble. Sans cadre commun, ce type de sinistre traînerait facilement plusieurs mois entre expertises croisées et désaccords sur l’origine exacte du dégât. C’est justement pour éviter ça qu’existe la convention IRSI.
Ce que couvre la convention IRSI
La convention IRSI (Indemnisation et Recours des Sinistres Immeubles), signée entre la quasi-totalité des assureurs français, fixe une procédure standardisée pour les sinistres dégât des eaux et incendie en habitation, qu’il s’agisse d’un logement individuel ou d’une copropriété. Son principe central : simplifier la prise en charge en désignant, selon des règles précises de montant et de localisation du sinistre, quel assureur gère le dossier en premier lieu, sans attendre que la responsabilité exacte soit établie avant toute intervention.
Trois tranches selon le montant des dégâts
La convention distingue les sinistres selon leur ampleur estimée. En dessous d’environ 1 600 € de dégâts, c’est en général l’assureur du logement où les dommages sont constatés qui gère directement le dossier et indemnise, sans expertise contradictoire ni recherche longue de responsabilité, ce qui accélère fortement le règlement pour les petits sinistres. Entre 1 600 € et 5 000 €, un barème de recherche de fuite et une répartition plus fine s’appliquent. Au-delà, la convention prévoit une expertise plus poussée pour des sinistres jugés significatifs.
Le rôle du syndic dans les parties communes
Quand la fuite provient d’une canalisation collective, c’est l’assurance de l’immeuble, souscrite par le syndic au nom de la copropriété, qui intervient en complément des assurances individuelles des lots touchés. Le syndic doit être informé rapidement, en particulier si la fuite provient d’une colonne montante ou d’une partie commune, car c’est lui qui mandate le plombier chargé de la réparation définitive, distincte de l’indemnisation des dégâts déjà causés dans les logements.
Le constat amiable, le réflexe du premier jour
Comme pour un accident de voiture, un constat amiable dégât des eaux, rempli conjointement avec le voisin concerné, accélère considérablement le traitement du dossier. Il décrit l’origine présumée de la fuite, les biens endommagés et les coordonnées des assureurs respectifs. Prendre des photos datées avant tout nettoyage ou réparation, conserver les factures des biens endommagés, et déclarer le sinistre à son assureur dans les cinq jours ouvrés suivant sa découverte restent les gestes qui évitent le plus de contestations ultérieures.
La franchise, un montant à vérifier avant le sinistre
La franchise, le montant qui reste systématiquement à la charge de l’assuré même en cas d’indemnisation complète du reste, varie fortement d’un contrat à l’autre, parfois entre 100 et 400 € pour un dégât des eaux classique. Elle mérite d’être vérifiée dans son contrat avant qu’un sinistre survienne plutôt qu’au moment de la déclaration, certains contrats d’entrée de gamme affichant des franchises nettement plus élevées que la moyenne du marché en échange d’une prime annuelle plus basse.
Quand un expert intervient
Pour les sinistres dépassant les seuils de la convention, ou en cas de désaccord persistant sur l’origine de la fuite, un expert mandaté par l’assureur se déplace pour établir un rapport contradictoire. Le propriétaire ou le locataire peut, à ses frais, faire appel à un contre-expert s’il conteste les conclusions du premier rapport, une option peu utilisée mais qui existe pour les dossiers les plus litigieux ou les montants les plus importants.
Locataire ou propriétaire, des démarches différentes
Un locataire déclare toujours le sinistre à son propre assureur habitation, jamais directement à celui du propriétaire, même si le dégât provient d’une défaillance structurelle du logement (canalisation vétuste, toiture). Le propriétaire reste ensuite responsable, entre lui et son assureur, de la remise en état des éléments qui lui appartiennent, une distinction qui évite au locataire de se retrouver mêlé à un différend qui ne relève pas de sa propre couverture.
Ce qu’il faut retenir avant que ça arrive
Bien connaître sa franchise, savoir où couper l’arrivée d’eau générale de son logement, et avoir les coordonnées du syndic à portée de main sont les trois réflexes qui font gagner le plus de temps le jour d’un sinistre. C’est une précaution qui a d’autant plus de sens dans un appartement ancien aux canalisations vieillissantes, où le risque de fuite reste statistiquement plus élevé que dans un logement récent.
Le détail complet de la procédure et les seuils actualisés de la convention IRSI sont consultables sur service-public.fr, la référence officielle pour ce type de démarche.




