La Maison d'Antonio

Déco, maison et famille, avec le sens des mots

Papier peint panoramique : le poser sans faux raccord visible

Avatar de Gaspard Ollivier

·

5 min de lecture

Un panoramique, contrairement à un papier peint classique vendu au rouleau, se compose de plusieurs lés numérotés qui reconstituent une seule image continue, souvent un paysage ou une scène botanique. C’est ce qui en fait la force en décoration : pas de motif répété, un mur qui devient un tableau. C’est aussi ce qui en fait la difficulté, parce qu’un mauvais raccord entre deux lés se voit immédiatement, surtout à la lumière rasante d’une fenêtre en fin d’après-midi.

Mesurer avant de commander

La première erreur, la plus fréquente, se joue avant même l’ouverture du carton : commander la mauvaise largeur ou la mauvaise hauteur de mur. Un panoramique se vend en général en plusieurs largeurs de composition pour une même image, et il faut choisir celle qui couvre le mur réel, pas le mur arrondi au mètre le plus proche. Mesurez à trois endroits différents (gauche, centre, droite), car un mur d’appartement ancien n’est presque jamais parfaitement droit sur toute sa hauteur, surtout dans les immeubles haussmanniens où plinthes et moulures faussent la perception. Comptez aussi une marge de 3 à 5 centimètres en haut et en bas pour la coupe finale.

Préparer le mur, l’étape qu’on bâcle toujours

Un mur poreux, taché ou simplement fraîchement repeint en glycéro absorbe la colle de façon irrégulière et provoque des bulles au séchage. Il faut un mur sec, propre, sans trace de moisissure, et de préférence encollé d’une sous-couche adaptée si le support est très absorbant (plâtre neuf) ou au contraire très lisse (ancienne peinture satinée). La colle vinylique spéciale panoramique, plus épaisse qu’une colle classique, se prépare en général la veille pour bien gonfler ; lisez toujours le temps de repos indiqué par le fabricant plutôt que de se fier à l’habitude.

Le premier lé donne le ton à tous les autres

Tout se joue sur la pose du premier lé : s’il part de travers, l’erreur s’accumule sur toute la largeur du mur. Tracez un fil à plomb (ou un niveau laser) à l’endroit exact indiqué par le plan de pose fourni avec la référence, en général au centre du mur ou depuis un angle, selon les modèles. Posez le lé en laissant un léger débord en haut et en bas, marouflez du centre vers les bords avec une spatule souple pour chasser l’air, puis attendez que le lé suivant soit prêt avant de couper l’excédent.

Le raccord sauté, la hantise du panoramique

On appelle raccord sauté le décalage visible entre deux lés censés se prolonger, souvent dû à un mur qui n’est pas d’aplomb ou à une tension de pose différente d’un lé à l’autre. Pour l’éviter : posez toujours dans le même sens (jamais un lé à l’envers pour « économiser » du papier), maintenez la même tension de maroufflage, et surtout ne coupez jamais l’excédent avant d’avoir vérifié l’alignement du motif sur toute la hauteur. Un cutter à lame sécable, changé toutes les deux ou trois coupes, évite les déchirures qui, elles aussi, trahissent un raccord bâclé.

Combien de lés et de rouleaux selon la pièce

Les fabricants comme Isidore Leroy, spécialisé dans les grands formats panoramiques imprimés en France, ou des maisons plus anciennes comme Farrow & Ball pour les motifs plus classiques, indiquent un nombre de lés par largeur de mur. Voici des repères courants pour une hauteur sous plafond standard :

Pièce Hauteur sous plafond Lés nécessaires Rouleaux/panneaux
Chambre (mur de tête de lit, 3 m) 2,50 m 4 à 5 1 kit complet
Salon (mur principal, 4,5 m) 2,50 m 6 à 7 1 kit + 1 lé complémentaire
Couloir étroit 2,50 m 2 à 3 1 demi-kit selon fournisseur
Salon haussmannien 3,00 à 3,20 m 6 à 7 kit haute hauteur (souvent sur devis)

Ces chiffres restent indicatifs : chaque collection a sa propre largeur de lé, souvent entre 50 et 100 cm. Vérifiez toujours le plan de pose fourni par le fabricant avant de commander, quitte à demander un lé supplémentaire en cas de doute sur un angle ou une niche.

Les angles et les prises, terrain miné

Un angle de mur n’est jamais parfaitement droit dans l’ancien. Plutôt que de forcer un lé entier dans l’angle, mieux vaut le couper avec 1 à 2 centimètres de retour sur le mur adjacent, et démarrer le lé suivant depuis ce retour en le faisant chevaucher très légèrement avant de couper au cutter les deux épaisseurs ensemble : c’est la seule méthode qui donne un angle invisible. Pour les interrupteurs et prises, coupez toujours après la pose, jamais avant, en repérant l’emplacement en transparence.

Un panoramique bien posé se remarque à ce qu’on ne remarque justement pas la jonction des lés. C’est un chantier de patience plus que de virtuosité : mieux vaut une demi-journée de plus que deux lés à recommencer. Pour la suite du mur, une bonne rénovation d’appartement ancien passe souvent par les mêmes précautions de mise à niveau des surfaces avant toute pose décorative. Pour en savoir plus sur l’histoire de cette technique, l’article Wikipédia consacré au papier peint retrace bien son évolution jusqu’aux impressions numériques actuelles.


Avatar de Gaspard Ollivier

À lire aussi